C’est qui Moise ?

Moïse

 

 

 

Moïse

Illustration. 

Moïse tenant les tables de la loi

peint par Guido Reni (1624)

Galerie Borghèse

Titre

Premier prophète du judaïsme

Prédécesseur

Successeur

Josué, commandant militaire des Hébreux

Biographie

Nom de naissance

משה בן עמרם

Lieu de naissance

Égypte antique

Lieu de décès

Mont Nébo

Nature du décès

Mort naturelle

Nationalité

Israélite de la tribu de Lévi

Père

Amram

Mère

Jocabed (mère)

Bithiah (mère adoptive)

Fratrie

Aaron (frère)

Myriam (sœur)

Conjoint

Séphora

Enfants

Gershom

Éliézer

Entourage

PharaonJethroJosué

La tradition voit en lui l’auteur du Pentateuque

qui inclut les Dix Commandements

Moïse (hébreu מֹשֶׁה בן עמרם Moshé ben Amram, grec Mωϋσῆς ou ΜωσῆςMō(y)sēslatin Moyses, arabe موسى Moussa) est, selon la tradition, le premier prophète du judaïsme, qui s’appelle parfois « mosaïsme », ce qui signifie « religion de Moïse ». Moïse apparaît dans le Livre de l’Exode. Il est probablement le personnage le plus important de la Bible hébraïque, recevant la Loi pour le judaïsme, préfigurant Jésus-Christ pour le christianisme et précédant le prophète Mahomet pour l’islam.

Pour les traditions monothéistes juive et chrétienne, Moïse est l’auteur sous inspiration divine du Pentateuque, c’est-à-dire des cinq premiers livres de la Bible, livres qui constituent la Torah juive et sont appelés la « Loi de Moïse » dans le judaïsme. C’est là que sont relatées l’histoire de Moïse lui-même, celle des Patriarches et celle du peuple d’Israël. Moïse y apparaît comme le prophète et le guide qui conduit le peuple hébreu hors d’Égypte, pays où ils vivaient dans la servitude, après que les dix plaies infligées à l’Égypte ont permis la libération du peuple d’Israël. Fils d’Amram, Moïse est le premier personnage à être nommé « homme de Dieu » dans la Bible.

Selon ces traditions, Moïse écrit également « sous la dictée de Dieu » le Décalogue et tout un ensemble de lois religieuses, sociales et alimentaires. En plus de cette idée d’une rédaction mosaïque sous la dictée de Dieu connue comme la « Torah écrite », les rabbins attribuent également à Moïse la « Torah orale » que constituent les commentaires de la Loi codifiés dans la Mishna1.

La place de Moïse dans la chronologie universelle tout comme son historicité demeurent néanmoins inaccessibles pour la recherche contemporaine.

La tradition de la rédaction mosaïque de la Torah a été remise en question à partir du xviie siècle, entre autres par Spinoza, puis au xviiie siècle par Jean Astruc, qui ne réfutent pas l’historicité de Moïse pour autant. C’est par la suite que se développe l’école de la critique biblique, étudiant la Bible comme un objet scientifique.

En Islam, Moïse — sous le nom de Moussa — est le prophète le plus présent dans le Coran, cité à cent trente-six reprises. Il fait partie des « grands prophètes », considéré comme l’un des messagers envoyés par Allah et annonce le prophète Mahomet. Les récits mosaïques du Coran font référence au Pentateuque et à l’Aggada qui sont parfois confirmés, parfois « corrigés », mais proposent aussi des épisodes originaux, insistant sur le parallélisme entre Mahomet et Moïse. Ce dernier est le seul des prophètes à avoir entendu directement Dieu lorsqu’il reçoit les tables de la Loi ce qui lui vaut le titre de kalîm Allah — « interlocuteur de Dieu ».

Sommaire

Anthroponymie[modifier | modifier le code]

Gravure stylisée en couleurs. Une femme nue dans un cours d'eau tient un panier. Derrière elle, sur la berge, se tiennent des femmes habillées.

 

Une des fresques de la synagogue de Doura Europos rappelle le lien explicite entre le nom de Moïse et son étymologie populaire hébraïque : la fille d’un pharaon, entourée de suivantes, sauve des eaux Moïse nourrisson.

L’onomastique propose plusieurs pistes concernant l’étymologie du nom de Moïse.

La Bible donne l’origine suivante au nom de Moïse : selon l’étymologie populaire hébraïque2 fournie par le rédacteur du Livre de l’Exode (Ex. 2:10)b 1, la fille de Pharaon découvre sur la rive du fleuve un panier où se trouve un nourrisson. Elle rend le bébé à sa mère, afin que celle-ci continue à l’allaiter. Puis, « quand l’enfant eut grandi, [la mère du nourrisson] le ramena à la fille de Pharaon qui le traita comme un fils et lui donna le nom de Moïse (משהMSH, Mosheh ou Moshé, car, disait-elle, des eaux je l’ai sauvé » (MSYTHW, Mechitihou).

 

Hiéroglyphe MS (s)

La recherche contemporaine envisage l’hypothèse d’une origine égyptienne de ce nom. Cette thèse apparaît à la fin du XIXe siècle avant d’être popularisée par Freud3. Ainsi, « l’étymologie hébraïque populaire, proposée en Exode 2, 10 (« tiré des eaux »4) ne peut cacher le caractère égyptien [du] patronyme […] : Moïse, Môseh en hébreu, correspond à un élément, bien connu par les noms de pharaons tels qu’AhmosèsToutmosèsRamsès… de l’onomastique égyptienne — laquelle s’explique dans un milieu de Sémites « asiatiques » installés depuis un certain temps dans le delta oriental, phénomène récurrent dans la longue histoire de l’Égypte ».

Moshé est ainsi probablement une translittération de la racine égyptienne mesi/mas/mes qui signifie « enfanter » ou de la racine m-s-s signifiant « engendré par »5. « Le nom de Moïse, issu de Mosé (mès = enfant, mésy = mettre au monde, etc.), constitue également la déviation du nom très égyptien dont la première partie est constituée d’un nom divin : Thotmès, Ramès6, etc », Moïse n’ayant conservé que la seconde partie de ce nom théophore composé7. Un nom composé intéressant, trouvé en Samarie, est ana(t)mosé qui combine la racine égyptienne avec la divinité cananéenne Anat8.

Le rédacteur biblique connaît très bien le sens égyptien du nom de Moïse : avant l’attribution de son nom en Exode 2:10 , il le désigne comme yèlèd (« nouveau-né, enfant ») issu de la racine yalad qui est la racine hébraïque équivalente à la racine égyptienne mes, « enfanter, engendrer »9. Dans son récit de la naissance de Moïse, le rédacteur biblique réalise ainsi, par une réinterprétation tardive, une construction littéraire donnant une étiologie hébraïque au nom de Moïse grâce à un procédé de style, appelé paronomase (jeu de mots qui repose sur les ressemblances graphique et phonétique), avec la racine hébraïque très rare משה10.

La Septante ne peut effectuer cette reconstitution pseudo-étymologique par ce procédé littéraire, mais Philon d’Alexandrie11 et Flavius Josèphe12 trouvent un autre jeu de mots sur Moïse en l’appelant Môusês : ils rapprochent (en transcription grecque) ce Môusês du nom égyptien mṓu (« eau »), rendant compte par là de la déclaration de la fille du pharaon13.

Récit biblique[modifier | modifier le code]

 

Moïse sauvé des eaux, peint par Sébastien Bourdon (vers 1650).

La vie de Moïse décrite dans la Bible se découpe en trois parties de quarante ans, valeurs mythiques (le nombre 120 étant symbole de perfection) fréquemment employés par les rédacteurs bibliques au sujet de la longévité des personnages de la Bible14.

Pharaon ayant décidé le meurtre des enfants hébreux mâles, la fille de Pharaon découvre sur la rive du fleuve un panier d’osier15 dans lequel flotte un nourrisson qu’elle nomme « Moïse », « sauvé des eaux ». La princesse décide d’adopter cet enfant hébreub 2. Le récit rapporte l’intervention d’une des suivantes de la princesse, en fait Israélite et sœur du bébé, qui propose d’aller chercher une nourrice parmi les femmes des Hébreux, la rendant ainsi, le temps de l’allaitement, à sa mère biologique.b 3.

Plus grand, Moïse constate la misère de son peuple d’origine et tue un contremaître égyptien qui battait un Hébreu. Il n’a d’autre choix que de s’enfuir dans le désert et trouve asile auprès de Jethro (ou Yitro), prêtre de Madian. Moïse prête main-forte aux filles de Jethro et se marie avec l’une d’elles, Tsippora (Séphora). Il mène une vie de berger, « faisant paître ses moutons loin dans le désert »16.

Lorsque Moïse atteint l’âge de 80 ans, Dieu se révèle à lui et lui dévoile sa mission : « L’ange de l’Éternel lui apparut au milieu d’un buissonalors qu’il faisait paître les moutons de son beau-père17. Il conduit alors les « Enfants d’Israël » hors d’Égypte, jusqu’à la « Terre promise », le pays de Canaan, sur le seuil duquel il meurt, à 120 ansb 4. »

Jeunesse de Moïse[modifier | modifier le code]

 

Moïse défend les filles de Jethro, par Rosso Fiorentino.

Les parents de Moïse, Amram et Jocabed (hébreu Yokheved), sont tous deux issus de la maison de Lévi (qui sera consacrée plus tard au service de Dieu après l’épisode du veau d’or). Amram est le fils de Kehat et le petit-fils de Lévi. Ils sont de la première génération des Hébreux qui naissent en Égypte. Moïse est donc de la deuxième génération qui voit le jour en Égypte. C’est au cours de cette génération que Pharaon donne l’ordre à son peuple d’éliminer les nouveau-nés mâles et de ne laisser vivre que les filles. Le frère de Moïse s’appelle Aaron.

Après sa naissance (le 7 adar selon la tradition18), sa mère Yokheved cache l’enfant durant trois mois puis l’abandonne dans une corbeille sur le Nil, près de la rive (le 6 sivan18). La fille du pharaon (Bithiah — hébreu Batya — dans le midrash), qui se baignait avec des suivantes, trouve l’enfant et décide de l’adopter (inspirée dans ce geste par l’ange Gabriel, selon le midrash), bien qu’ayant immédiatement devinéb 5que l’enfant était hébreu19.

Elle demande alors à une jeune fille qui observe la scène de lui trouver une nourrice parmi les Hébreux pour l’élever. Cette jeune fille, Myriam, qui est la sœur aînée de Moïse, lui présente sa mère.

Un célèbre midrash raconte qu’un jour Moïse, jouant sur les genoux du pharaon, lui dérobe sa couronne. Y voyant un mauvais présage, les mages du monarque suggèrent à celui-ci la mise à mort immédiate de l’enfant. Cependant, Jethro, prêtre de Madian, propose de mettre à l’épreuve ce qui n’était peut-être que jeu d’enfant, et fait placer Moïse devant un plateau de diamants et de braises ardentes. Moïse se précipite vers le plateau de diamants, mais trébuche (à la suite de l’intervention de Gabriel) vers les braises ardentes. Dans sa frayeur, il porte ses doigts à la bouche et se brûle la langue et les lèvres. C’est de là que vient le bégaiement de Moïse. Quant à sa bouche, un pansement y est mis. Quand celui-ci est retiré, il perd un morceau important de sa lèvre. Moïse est désormais « lourd de bouche et lourd de langue » (Ex 4,10-11), ce qui incitera Yahvé à associer son frère Aaron comme porte-parole de Dieu20.

Devenu adulte, Moïse se rend compte des difficiles conditions de vie de ses frères de sang. Voyant un Égyptien frapper un Hébreu21, il voit qu’il est seul, tue22 l’Égyptien et l’enterre dans le sable.

Les jours suivants, constatant que l’affaire s’était ébruitée, il s’enfuit d’Égypte vers le pays de Madian. Parvenu à un puits, il défend des bergères de Madian contre d’autres bergers. Celles-ci lui offrent l’hospitalité en remerciement. Moïse trouve donc asile à Madian, où le prêtre, Jethro (יתרו), aussi appelé Réuel (רעואל), lui donne sa fille Séphora (צפורה) en mariage et dont il a deux fils, Gershom et Éliézerb 6.

L’appel de Dieu (Exode 3)[modifier | modifier le code]

2017-fr.wp-orange-source.svg
DévelopperCette section ne cite pas suffisamment ses sources (septembre 2014)

 

Moïse et le buisson ardent, par Dirk Bouts.

Alors qu’il est réfugié en Madiân et qu’il garde les troupeaux de son beau-père, Moïse vit une expérience que la Bible décrit comme une vocation : Dieu l’appelle de l’intérieur d’un buisson en feu mais qui ne se consume pas. Sa mission consistera à libérer le peuple hébreu de l’esclavage qu’il subit en Égypte.

Pour l’accréditer auprès des Hébreux, Dieu lui révèle son nom, en continuité avec la tradition ancestrale : AbrahamIsaac et Jacob. Ce nom est le tétragramme YHWH, expliqué en Ex 3:14 par la formule אֶהְיֶה אֲשֶׁר אֶהְיֶה (Ehyeh Asher Ehyeh). La traduction de cette formule est variable : « Je suis Celui Qui suis », « Je suis qui Je serai », « Je suis qui je suis », « Je suis Celui Qui Est », etc. Dans la traduction grecquede ce passage, les termes employés ouvrent la porte à une interprétation d’ordre métaphysique : « Je suis l’Étant ».

Moïse commence par s’excuser de sa mission, prévoyant les difficultés d’avoir à affronter Pharaon. Il reçoit alors des moyens et un signe qui ne le dispenseront pas de marcher dans la foi à travers les difficultés : des moyens d’ordre surnaturel, l’Égypte subira 10 fléaux envoyés par Dieu, mais aussi d’ordre naturel, comme l’aide de son frère Aaron ; un signe futur consistant dans l’annonce de son retour sur ce même lieu avec le peuple.

Après cet événement, Moïse abandonne sa situation de berger et retourne en Égypte.

Les dix plaies d’Égypte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dix plaies d’Égypte.

Moïse et son frère Aaron tentent de persuader Pharaon de laisser les Hébreux quitter l’Égypte en le menaçant de terribles fléaux qui chaque fois se réalisent. Pharaon leur oppose ses magiciens (appelés Jannès et Jambrès dans la tradition postérieure) et ne cède qu’après la dixième plaie. (Exode, chapitres 7 à 12.)

  1. Les eaux du Nil deviennent sang ;

  2. Les grenouilles envahissent l’Égypte ;

  3. Les mouches et les moustiques attaquent la population ;

  4. Les vermines apparaissent ;

  5. Une épidémie de peste attaque le bétail ;

  6. Les habitants attrapent des furoncles (lèpre) ;

  7. La grêle détruit les récoltes ;

  8. Les sauterelles dévorent la végétation ;

  9. Les ténèbres règnent pendant trois jours ;

  10. Les premiers-nés (hommes et animaux) égyptiens meurent durant la nuit.

L’exode dans le désert et le Décalogue[modifier | modifier le code]

 

Moïse brisant les Tables de la Loi, par Rembrandt.

Article détaillé : Passage de la mer Rouge.

Après sa sortie d’Égypte, Dieu fait traverser au peuple juif la mer des Joncs « à pieds secs », qui se referme ensuite sur l’armée égyptienne tentant de les rattraper, et les engloutit.

Moïse conduit ensuite son peuple au pied du mont Sinaï, où il monte recevoir le Décalogue, les Tables de la Loi. Lorsqu’il descend du mont Sinaï, il voit les Hébreux, sous la conduite de son frère Aaron, adorer un veau d’or (l’adoration d’une idole était interdite par le troisième commandement). Moïse est pris d’une colère si grande qu’il fracasse les Tables de la Loi sur un rocher puis ordonne le massacre de trois mille adorateurs du veau d’or (Ex 32, 25-29). Il doit alors retourner au sommet du mont Sinaï afin de recevoir de nouvelles tables (« Exode, 34, 18 » [archive]).

Au fil des miracles, Dieu affermit l’autorité de Moïse sur le peuple, prouvant ainsi qu’il est bien son envoyé. Pourtant le peuple ne cesse de murmurer contre Moïse et contre Dieu, répétant qu’au moins en Égypte il vivait mieux. Ensuite, le peuple arrive devant la Terre promise et Moïse envoie douze éclaireurs pour reconnaître le pays (Nb 13). Dix d’entre eux découragent le peuple d’attaquer le pays malgré le soutien de l’Éternel. Dieu se fâche et décide de les faire marcher dans le désert encore quarante années, afin qu’aucun de ceux qui étaient sortis d’Égypte n’entre dans la Terre promise hormis Josué et Caleb, les deux espions favorables à la conquête23.

Mort de Moïse[modifier | modifier le code]

Selon Nombres20, 7-13 [archive], Moïse, ayant, pour abreuver le peuple hébreu, frappé de son bâton24 par deux fois le rocher de Meriba — en attirant l’attention sur lui et Aaron25au lieu du Dieu d’Israël — n’est pas autorisé à entrer en Terre promise26. Il est toutefois autorisé à l’embrasser du regard, du haut du mont Nébo où il meurt à 120 ans (Deutéronome, 34, 1-9). Avant de mourir, il nomme Josué comme successeur pour conquérir la Terre promise. La tradition talmudique, interprétant le début du livre de Josué, fixe au 7 Adar l’anniversaire de cette mort, que le Seder Olam Rabba27 date de l’année 2488 de la Création du Monde.

Littérature biblique[modifier | modifier le code]

Moïse est le personnage le plus attesté et le plus cité dans l’ensemble des textes bibliques, apparaissant à 765 reprises dans la bible hébraïque — dont 290 fois dans le seul Livre de l’Exode28 — et à 79 reprises dans le Nouveau Testament29. Il y apparaît essentiellement comme le médiateur de la révélation, le législateur fondamental et l’auteur du Pentateuque28.

Attestations vétérotestamentaires[modifier | modifier le code]

L’essentiel du Pentateuque — le Livre de l’Exode, le Lévitique, le Livre des Nombres et le Deutéronome — coïncide avec la biographie de Moïse dont le récit de la naissance — qui atteste d’une identité complexe, à la fois membre de la cour de Pharaon et du peuple d’Israël — est présentée dans L’Exode30 et celui de la mort dans le Deutéronome, aux portes de la Terre promise31. Le texte biblique ne raconte rien de sa jeunesse et le présente adulte quand, notable égyptien, il ressent confusément pour la première fois sa solidarité avec le peuple hébreu30. Il est par ailleurs notable que, contrairement à Abraham, il n’est pas présenté comme un ancêtre et sa généalogie n’a que peu d’importance, les rédacteurs insistant davantage sur son rôle de médiateur32. Moïse est une des figures bibliques les plus fréquemment mentionnées dans l’Ancien Testament, 772 fois, contre 247 fois pour Abraham (dont 69 fois comme Abram), 359 fois pour Jacob et 1080 fois pour David33.

Dans la Torah et plus particulièrement dans le Pentateuque34, Moïse possède un statut unique parmi les hommesb 7. Il est qualifié de serviteur de l’Éternelb 8 et le texte insiste à de nombreuses reprises sur sa relation privilégiée avec celui-cib 9 dans le dessein de présenter les paroles et décisions de Moïse comme celles de Dieu lui-même35. L’interlocuteur privilégié de Dieu est présenté comme prophèteb 10 prêtreb 11, législateurb 12 et poèteb 13 ; il est le représentant de Dieu auprès des hébreuxb 14 et de Pharaonb 15 rédempteur et meneur du peuple d’Israëlb 16, fondateur de son administrationb 17 et du culte divinb 18.

Champion de YHWH contre l’idolâtrie et l’apostasieb 19, Moïse est l’intercesseur auprès de Dieu en faveur de son peupleb 20 qui pourtant trahit sa confiance voire lui témoigne de l’hostilitéb 21. S’il lui arrive de se voir reproché son manque de foib 22, il n’en est pas moins l’« homme de Dieu »b 23 capable de prodigieux miraclesb 24. En relation avec sa fonction de médiateur de la révélation, Moïse est également présenté sous une apparence extra-humaineb 25 : le Livre de L’Exode le décrit transfiguré après sa rencontre avec Dieu sur la montagne, son visage irradiant, marqué d’une aura divineb 26.

Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Les auteurs du Nouveau Testament ne disposent pas, à l’époque de leur rédaction, de Bible telle que nous la connaissons mais connaissent la Torah par la tradition orale, les commentaires au sein des synagogues et les diverses traditions connues aujourd’hui sous le nom de « récits intertestamentaires »36. Les récits néotestamentaires vont ainsi souvent au-delà des récits proposés35 par le Pentateuqueb 27, témoignant de traces de légendes de traditions extrabibliquesb 28 à une époque où la tradition juive continue elle-même d’ailleurs à actualiser la figure du prophète biblique36. Ils sont néanmoins largement en conformité avec les récits bibliques anciens35, Moïse apparaissant comme le législateur d’Israëlb 29, l’auteur du Pentateuqueb 30 et le premier des prophètes37.

Pour le Nouveau Testament, Moïse est d’ailleurs celui qui prophétise35 la venue de Jésus de Nazareth comme Messieb 31 qui est présenté comme un second Moïseb 32, incompris et rejeté comme son prédécesseurb 33 mais qui peut se montrer, comme dans l’évangile de Matthieu dans l’épisode du Sermon sur la montagne, supérieur au premier des prophètesb 34, proposant une compréhension de la Loi de Moïse acceptable pour les disciples de Jésus tant d’origine juive que d’origine païenne37. Le récit biblique et traditionnel de l’enfance de Moïse sert de modèle à celle de Jésus38 et l’adieu de Jésus sur la montagne de Galiléeb 35 est à mettre en parallèle avec la fin de Moïse sur le mont Nebob 36. Moïse fait en personne une apparition lors de l’épisode de la Transfiguration de Jésus39, en compagnie d’Élie au vu des apôtres PierreJacques et Jean, pour s’entretenir avec Jésus de l’« exode qu’il allait accomplir à Jérusalem »40, à savoir sa Passion et son ascension, préludant un nouvel exode pour ses disciples37.

Moïse est la figure biblique vétérotestamentaire la plus fréquemment mentionnée dans le Nouveau Testament, 80 fois, contre 75 fois pour Abraham et 58 fois pour David33. Moïse apparaît à neuf reprises dans les épîtres pauliniennes dites « authentiques » lorsque Paul de Tarseévoque la « Loi de Moïse »b 37, loi qu’il a « écrite » et « proclamée »b 38. Pour Paul, les prodiges de l’exode mosaïque sont des symboles préfigurant la réalité chrétienne et le baptême dans « le Christ Jésus »b 39. Selon lui, le croyant ne fait plus que s’inspirer de la Loi, au lieu de se fonder sur elle. De fait, la foi dans le Christ se substitue à la Loi, et l’apôtre du Christ exerce lui-même une mission supérieure à celle de Moïseb 40.

Les traditions vétérotestamentaires sur Moïse sont enfin utilisées à de multiples occasions dans le Nouveau Testament35 en matière de typologie exégétiqueb 41 : dans l’interprétation de nombreux exégètes comme Origène et à l’instar d’autres personnages (ou de certains événements) de la Bible hébraïque, Moïse annonce la venue du Christ41. Si une large majorité des Pères de l’Église, comme Eusèbe de Césarée, ont été amenés à considérer le christianisme comme supérieur au judaïsme — qui n’aurait pas compris la religion des patriarches à laquelle la Loi de Moïse se serait substituée42 —, Moïse incarne néanmoins, pour la plupart des auteurs chrétiens, le témoin des origines juives du christianisme dont l’histoire oscille entre continuité et rupture avec celles-ci43.

Traditions extra-bibliques[modifier | modifier le code]

Littérature hellénisée[modifier | modifier le code]

À l’époque de Jésus de Nazareth, la « Bible » n’existe ni comme objet, ni comme terme : seul existe un ensemble littéraire, connu depuis le iie siècle av. J.-C. comme « la Loi », constitué des cinq livres attribués à Moïse, ainsi qu’en attestent les fragments retrouvés sur un des rouleaux de Qumrân44. À partir de cette époque circulent ainsi dans l’ensemble du monde judaïque, à côté d’une série d’autres livres séparés, deux « biographies de Moïse » – l’une en hébreu l’autre en grec – accueillant l’intégralité de la Loi, sans se faire concurrence45, les « cinq volumes » étant désignés comme une œuvre unique46 non sans proposer une pluralité de versions47. La version grecque du Pentateuque semble arrêtée à partir du iie siècle av. J.-C. tandis que la version hébraïque connait encore des évolutions et des variations à l’époque de Jésus48.

À la même époque, l’auteur juif Philon d’Alexandrie, premier à donner la liste des « cinq livres » que conservent les bibles chrétiennes, propose une Vie de Moïse (bios) qu’il traite distinctement de la Loi (nomos) de Moïse qu’il proclame « prophète »49 « législateur », « roi » et pansôphos – « détenteur de toute la sagesse » – décrivant un être « divin » assimilé au logos, détenteur de la fonction de « grand-prêtres des cieux »50. Même si la postérité n’a retenu que la version biblique, Moïse a cependant fait l’objet de traitements littéraires variés dans les siècles précédant Philon51 : Flavius Josèphe52, cite par exemple l’Histoire de l’Égypte de Manéthon qui évoque l’histoire d’un prêtre lépreux appelé Osarseph (en)53, figure légendaire dont le nom est forgé d’après le Joseph biblique et Osiris54 qui, à la tête d’une bande de lépreux et de bergers proscrits, mène une révolte victorieuse contre les Égyptiens et prend le nom de « Moïse »55 après avoir édicté des règles propres à cette communauté. Cette histoire atteste d’une importante tradition d’un Moïse-lépreux à laquelle une insertion tardive de l’Exode56 semble répondre53.

Aux débuts de l’Empire lagide, à la fin du ive siècle av. J.-C., dans son Histoire d’Égypte, l’écrivain grec Hécatée d’Abdère consacre une notice ethnographique aux Juifs où il décrit les exploits de Moïse, personnage central de la nation implantée en Iouda dont il est, tant sur le plan politique que le plan religieux, le fondateur, le guide et l’organisateur57. C’est là le premier témoignage sensiblement développé proposé par un auteur grec à propos des juifs, même si sa datation voire l’authenticité des fragments parvenus sont débattues58.

Dans les fragments de l’œuvre d’un certain Eupolémos, Moïse est désigné comme le « premier sage » (prôtos sophos), créateur de l’alphabet transmis aux Phéniciens puis aux Grecs, se référant peut-être à l’ancienne tradition des Sept Sages censés précéder les philosophes et parmi lesquels on trouve Solon et Thalès59. Durant la même période, Démétrius « le Chronographe » aurait, selon Clément d’Alexandrie, rédigé un essai sur différents problèmes de chronologie biblique. Démétrius est vraisemblablement originaire de Ptolémaïs en Égypte. Son livre est intitulé Sur les rois de Judée. Il y traite de Moïse et de Salomon. Ézéchiel « le Tragique », probablement originaire d’Alexandrie, propose lui un récit de la vie de Moïse sous forme de tragédie. Plutôt fidèle au récit biblique, il présente néanmoins un épisode supplémentaire décrivant un rêve de Moïse sur le trône divin60.

Vers le milieu du iie siècle av. J.-C., le philosophe juif Aristobule de Panéas professe que Moïse a été le maitre d’Orphée et a précédé « Pythagore, considéré comme l’inventeur de la philosophie, Socrate et Platon dans toutes leurs investigations relatives à la Création ». À la même époque, l’historien juif Artapan d’Alexandrie mentionne Moïse dans une forme de roman historique présentant une série d’épreuves et de complots dont il sort systématiquement vainqueur61. Ce dernier, identifié au dieu égyptien Thot/Hermès, se voit attribuer l’invention de la culture et de l’alphabet ainsi qu’il est élevé au rang d’« homme divin » (theios anêr) en tant qu’« interprète des lettres sacrées »62 tandis qu’il est présenté comme père de la culture égyptienne – ensuite transmise aux Grecs – et non comme législateur d’Israël61.

À l’époque de Sylla, Lucius Cornelius Alexander dit Polyhistor en raison de sa grande production littéraire, compose un ouvrage intitulé Sur les Juifs qui n’est plus connu qu’au travers du témoignage d’Eusèbe de Césarée, où il semble s’attacher au Moïse législateur63. Au ier siècleFlavius Josèphe propose une véritable « biographie » héroïque de Moïse qui se caractérise par des analogies à certains héros de la mythologie gréco-romaine comme RomulusŒdipe ou encore Persée. Il semble que Josèphe ait utilisé diverses sources bibliques mais aussi aggadiques ou encore des mythes païens, sans qu’il soit réellement possible de démêler les influences respectives. On y retrouve l’annonce de la naissance de Moïse, son abandon, ses exploits militaires avant l’épisode de sa disparition64. On trouve également l’attestation d’une probable Assomption de Moïse le décrivant comme un héros supraterrestre dont la mission de médiateur lui est confiée avant même la création du monde, ainsi qu’une œuvre apocalyptique en grec, mais d’origine sémitique, datée du début du ier siècle av. J.-C. connue sous le nom de Testament de Moïse qui condamne les « nations » réduites au rang de faire-valoir d’Israël. Pour le rédacteur de ce texte, Moïse a été voulu dès le « commencement de monde », « imaginé et inventé » à ce moment comme « médiateur de l’Alliance »50.

Moïse dans l’islam[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Moussa.

Moïse — appelé Moussa (arabe : موسى) dans le Coran — fait partie des « grands prophètes » avec Adem (Adam), Nūḥ (Noé), Ibrahim (Abraham) et Îsâ (Jésus), prophètes qui ont façonné l’histoire religieuse de l’humanité65, parmi les multiples prophètes qui ont précédé Mahomet, le « sceau des prophètes ». La Torah de Moïse annoncerait le prophète Mahomet66,b 42 et Moïse est de loin le plus cité des prophètes par le texte coranique, son nom apparaissant à cent trente-six reprises67. Moïse est également le seul des prophètes à avoir entendu directement Dieu lorsqu’il reçoit les tables de la Loi sur la montagne, un apanage qui lui vaut le titre de kalîm Allah — « interlocuteur de Dieu »68.

Selon Pierre Lory, la plupart des récits mosaïques du Coran sont puisés dans le Pentateuque69 mais trouvent aussi leur origine dans l’Aggada ou sont même originaux66Michel Cuypers propose plutôt « de comprendre ces références implicites, non comme des emprunts, des imitations ou des plagiats, comme l’a trop souvent fait à tort une critique occidentale polémique, mais comme des relectures de textes-sources, réorientés dans le sens d’une théologie nouvelle, proprement coranique »70. Pour Genevieve Gobillot le Coran se veut guide de lecture de la Bible et des Textes apocryphes ; il « entend parfois confirmer et parfois faire ressortir la vérité des Écritures antérieures », c’est-à-dire corriger des passages « ayant des subi une déformation (tahrîf) au moment de sa mise par écrit ». Par exemple, la Torah (Nombres 31, 1-20) qui fait de Moïse et son peuple des conquérants sanglants de Madian est corrigée par le Coran (2, 58-59) qui décrit « une déformation du texte par des hommes qui ont trouvé quelque intérêt à mettre par écrit le fait que Moïse aurait donné l’ordre, au nom de Dieu, dans un moment d’emportement, de raser une cité, de détruire ses troupeaux et ses biens, ainsi que de tuer les femmes et les enfants, toutes choses interdites par la Loi judaïque de la guerre (Deutéronome 20, 10-16) »71.

Les différences se marquent avec les récits judaïques, revisités à la lumière de la prédication de Mahomet et à la réalité historique du cadre de celle-ci, se référant notamment aux tensions entre Mecquois païens et musulmans, insistant sur l’appel au monothéisme66. À la différence du récit biblique, l’histoire coranique de Moïse est présentée comme une série de décisions divines au caractère inexorable, soulignant l’appui divin aux prophètes et aux croyants, notamment contre leurs adversaires mécréants66. Autre divergence notable avec le Pentateuque qui raconte l’histoire de tout un peuple, le Coran construit son récit autour de la figure centrale de Moïse dont la sacralité permet de désigner la communauté qui le reconnait comme élue et non l’inverse : les croyants sont choisis par Dieu et non un peuple en tant que tel, dans un argument qui vise probablement les juifs de Médine se prévalant de leur ascendance66.

Le Coran fait nettement le parallèle entre la vie de Moïse et celle de Mahomet67 et la figure du patriarche fonctionne comme un modèle à divers niveaux religieux et politiques65, notamment en tant que vainqueur du Pharaon72. À l’instar de Moïse, Mahomet est rejeté des siens, forcé d’abandonner son pays d’origine pour un exode comparable, l’hégire. Comme le patriarche, le Prophète crée autour de son message une communauté dont il assure la défense et la cohésion, tandis qu’il la tient écartée du polythéisme67. Le Coran compare explicitement les chefs mecquois avec le Pharaon et son conseil ou encore les munâfiqun — les « hypocrites » — qui s’opposent à Mahomet avec les agitateurs au sein du peuple israélite durant la marche dans le désert67. Le Coran présente ainsi la résistance des juifs de Médine comme une reproduction de la résistance à l’œuvre divine qu’ils avaient déjà opposée à l’époque de Moïse67.

Les récits coraniques concernant Moïse, amples et riches, ont suscité de nombreux commentaires mystiques, essentiellement dans les rangs les plus spiritualistes de l’islam, le face à face avec Dieu sous l’apparence du buisson ardent étant la quintessence de la rencontre mystique66. On en trouve ainsi par exemple chez Ja’far al-SâdiqMansur al-Hallaj ou encore Abū l-Qāsim al-Qushayrī65. L’image de l’opposition entre Moïse et Pharaon reste vivace et tout homme puissant à l’attitude inique est perçu comme un « Pharaon » auquel « tout croyant peut se sentir investi de la mission de lui rappeler la dimension éthique du monothéisme coranique »65. Les légendes populaires musulmanes rapportent sur Moïse et les prophètes, au-delà du Coran, des anecdotes détaillées, souvent inspirées du midrash selon Pierre Lory66.

Figures mosaïques[modifier | modifier le code]

Prophète intime de Dieu[modifier | modifier le code]

Moïse inaugure la série des prophètes d’Israël mais occupe une place singulière par la nature de sa rencontre avec YHWH73. Cette singularité est d’ailleurs soulignée dans la Torah qui se conclut par l’affirmation selon laquelle « il ne s’est plus jamais levé en Israël un prophète pareil à Moïse, lui que le Seigneur connaissait face à face »b 43 après avoir insisté sur l’intimité particulière entre Dieu et son prophète élevant ce dernier au-dessus des autres74. Moïse annonce d’ailleurs lui-même la venue d’autres prophètes « comme [lui] »b 44. Son parcours est mis en parallèle avec celui des deux grands prophètes de l’Exil, Jérémie et Ézéchiel qui sont présentés dans un même schéma littéraire : l’élu reçoit un premier appel de Dieu auquel il est réticent en objectant sa jeunesse ou son incompétence et ses faiblesses ; Dieu refuse alors ces objections et promet son assistance qu’il manifeste par un signe, le « buisson ardent » concernant Moïse73.

Moïse est le personnage de la Bible auquel Dieu révèle son nom — ou plutôt en donne une transcription75 — et en explique la signification : celui-ci, répondant à une objection de Moïse qui ne sait pas qui l’envoie libérer les Hébreux, explique dans une formulation paradoxale (et difficile à rendre en français) « je suis qui je suis » ou « je serai qui je serai »b 45dans un jeu de mot avec le nom propre du Dieu d’Israël : l’expression hébraïque « heyèh asher heyèh »76 joue avec la graphie hébraïque de « Yahweh »73 mais rappelle également la promesse déjà faites à Moïseb 46 : « je suis/serai avec toi »75. L’explication donnée à Moïse témoigne aussi de la volonté divine d’accompagner constamment son peuple74.

Libérateur du peuple juif[modifier | modifier le code]

Moïse se rend en Égypte accompagné de Dieu qui entend manifester sa puissance et libérer le peuple hébreu74. La « sortie d’Égypte » est considérée par de nombreux textes hébraïques comme l’acte constitutif de la foi d’Israël77. Moïse doute de la réussite de sa mission et les obstacles sont nombreux, qu’il surmonte en compagnie de son frère Aaron et avec l’aide divine. La première rencontre entre Moïse, Aaron et Pharaon échoue, ce dernier refusant de reconnaitre l’autorité de Yahweh et augmentant les corvées des Hébreux. Les rencontres suivantes tournent à la confrontation où Moïse — tantôt prophète et tantôt thaumaturge selon les versions, laïque ou sacerdotale, présentées dans le Livre de l’Exode78 — démontre la supériorité du Dieu d’Israël sur Pharaon et les dieux égyptiens en infligeant les plaies d’Égypte dont résulte la libération des Israélites77.

Toujours en Égypte, Moïse fonde le rituel de la Pâque juive — consommation d’agneau et de pain azyme — qui commémore la libération de l’esclavage égyptien79. Mais la libération à proprement parler intervient lors du passage de la « mer des Roseaux » ou « mer des Joncs » : grâce à l’intercession de Moïse, Dieu ouvre un passage à travers les flots dans un acte créateur — qui n’est pas sans rappeler le récit de la Création de la Genèseb 47 — par lequel celui-ci donne naissance à son peuple77. Le traversée de l’ouest — qui figure le couchant et la mort, vers l’est, le levant et la vie — symbolise le passage entre la mort et la vie par lequel Moïse fait accéder son peuple à la liberté79.

Moïse fait encore là, dans sa fonction de premier « libérateur », figure d’archétype et le midrash attend à la fin des temps un libérateur eschatologique qui agirait comme lui80.

Législateur[modifier | modifier le code]

La liberté d’Israël est encore à construire et à organiser81 : c’est un processus « législatif » qui va conférer au peuple son identité, l’édification de réglementation des normes de coexistence qui nécessitent une figure de « législateur »82.

Une nouvelle Alliance est scellée entre Yahweh et Israël, dont Moïse est le médiateur : ce dernier prépare le peuple à la rencontre au cours de laquelle Dieu s’adresse directement aux Hébreux, dans le fracas des éclairs et du tonnerre, pour transmettre les Dix commandements ; ceux-ci figurent dans deux endroits de la Bible hébraïque, dans une version sacerdotaleb 48 et une version laïqueb 49 qui se distinguent surtout pas leurs interprétations respectives du shabat81.

Après l’intervention divine, le peuple demande à Moïse de continuer de porter la parole divineb 50, l’établissant en tant que le législateur nécessaire. Toutes les autres collections de lois qui figurent dans la Torah sont ainsi réputées transmises par Yahweh à Moïse qui les communique au peuple83, bien qu’elles diffèrent notablement par leur chronologie et leur ampleur82. Toutes placées sous son autorité, elles sont regroupées dans la partie centrale de la Torah. Elles sont constituées du code de l’Alliance dans l’Exodeb 51 — constituant le recueil de lois les plus anciennes —, des prescriptions sacerdotales et rituelles du Lévitiqueb 52 ainsi que du code dit « de sainteté »b 53 — insistant sur la sanctification de la communauté —, et enfin du code deutéronomiqueb 54 qui remplace sous Josias le code d’alliance81.

Figure royale[modifier | modifier le code]

Le parcours de Moïse est largement inspiré par certaines conventions de l’idéologie royale84. Dans toute l’histoire du Proche-Orient antique, les actes législatifs fondateurs sont toujours reçus des dieux ou d’un dieu tutélaire par les rois, ce qui n’est pas le cas de la Loi d’Israël : après la disparition de la royauté en Juda et l’Exil85, c’est Moïse qui revêt la figure archétypale du législateur86. Néanmoins, le récit biblique tend à conférer une dimension royale à ce dernier dont l’histoire est construite sur le modèle du roi Sargon d’Akkad – vraisemblablement pour faire de Moïse un personnage aussi important que le roi fondateur de l’empire assyrien87 – et rappelle l’histoire de Cyrus le Grand telle que la rapporte Hérodote88, dans des récits fabuleux qui pouvaient être connus à Babylone lors de la période exilique82. Moïse devient ainsi l’intermédiaire primordial entre Dieu et le peuple89 à la place du souverain qui n’existe plus85. On retrouve le reflet de cette image royale dans le « testament » de Moïseb 55 dont la composition est inspirée, tant dans son vocabulaire que dans sa structure, par les traités de vassalité assyriens avec lesquels les suzerains orientaux obtenaient l’allégeance de leurs vassaux90.

Moïse occupe dans le récit biblique une autre fonction typiquement royale, celle de la fondation du sanctuaire divin dans le désert : Moïse préside en effet à la création de la « Demeure »b 56 où réside Yahweh, qui préfigure peut-être le Temple de Jérusalem91. À l’instar d’un roi, Moïse est installé comme un vicaire divin91.

On peut noter, enfin, que le nom lui-même de « Moïse » est un nom « royal », octroyé par une princesse égyptienne ; il est envisageable que l’auditoire du récit mosaïque n’ignorait pas que de nombreux noms pharaoniques étaient construits à partir de la racine m-s-s (« engendré par », cf. supra)5.

Au-delà de l’aspect royal, on peut noter des éléments de quasi-divinisation du personnage qui marquent comment ce dernier est pour toujours le médiateur par excellence entre Israël et son dieu : ainsi, dès le récit de l’exode Moïse est par deux fois appelé « elohim »b 57 par Yahweh lui-même92.

Médiateur[modifier | modifier le code]

À l’instar de la fonction centrale du roi qui est d’être le médiateur entre le peuple et les dieux93, les récits bibliques mentionnent avec une grande constance le rôle d’intercesseur que joue Moïse et qu’il trouve d’ailleurs régulièrement lourd à porter94. En effet, l’établissement d’une alliance n’implique pas la parfaite entente des partenaires qui l’ont contractée91 et le récit biblique est émaillé d’incidents et de conflits débutant avec l’épisode du Veau d’orb 58 et la destruction des Tables de la Loi par Moïse lui-même. Yahweh envisage alors de supprimer le peuple qui ne doit son salut qu’à l’intervention de Moïse, lequel doit cependant lui-même intervenir avec les lévites, ordonnant le massacre de trois mille adorateurs de l’idole, au terme de quoi l’alliance est renouée et la loi à nouveau gravée91.

Depuis le moment de la théophanie au Sinaï au cours de laquelle Moïse est devenu définitivement le médiateur entre Yahweh et le peuple d’Israël93, il doit régulièrement intervenir en faveur de ce dernier pendant la traversée du désert – qui connait plusieurs épisodes de rébellion contre Moïse, Aaron et même Yahweh – notamment lorsque le peuple se refuse à conquérir le pays promis : il le sauve à nouveau d’un destin collectif funeste par une longue intercession95. Cependant, le refus sera puni cette fois d’un report de quarante ans de l’arrivée en Terre promise et en l’extinction de la génération des adultes dans le désertb 59, au nombre desquels Moïse lui-même95. Ce dernier n’hésite d’ailleurs pas lui-même à interpeller Yahweh avec vivacité94 lorsqu’il s’agit de nourrir le peuple. Ces épisodes de rébellions traduisent vraisemblablement les tensions qui traversaient le judaïsme à l’époque perse, en proie alors à une crise identitaire et structurelle95.

Historicité de Moïse[modifier | modifier le code]

Article connexe : Données archéologiques sur l’Exode et Moïse.

Moïse est le personnage le plus important de la Bible hébraïque, recevant la Loi pour le judaïsme, préfigurant Jésus-Christ pour le christianisme et précédant le prophète Mahomet pour l’islam96. Les savants se sont engagés depuis longtemps dans la difficile quête du Moïse historique, et ce particulièrement au cours du xxe siècle30. Il n’existe cependant aucune trace historique de son existence en dehors de la tradition, ce qui en fait une figure mémorielle et non historique97, le Moïse de la foi étant bien plus connu que le Moïse de l’histoire98.

Mais, si l’existence de Moïse est hors de portée de l’historiographie, les récits qui en sont rapportés ne se trouvent pas moins enracinés dans les débuts de l’histoire du proto-Israël. Rien n’interdit même qu’ils soient liés à une personnalité du nom de « Moïse »99. Néanmoins, en tout état de cause, l’importance du « Moïse de l’histoire » est à relativiser dans la mesure où c’est le « Moïse des textes bibliques » qui est à l’origine du judaïsme, dans une figure multiple qui reflète la diversité de celui-ci32.

La « Vie de Moïse » est relatée dans le Pentateuque, un récit rédigé en plusieurs étapes, par stratifications, qui résulterait de mise en commun de différentes interprétations du fondateur du judaïsme77. Le Livre de l’Exode est marqué, entre autres, par une influence assyrienne dont témoigne le récit de la naissance de Moïse calquée sur celle légendaire du roi Sargon d’Akkad100, fondateur à la fin du IIIe millénaire des dynasties mésopotamiennes90 et dont des versions écrites existent à partir du viiie ou viie siècle av. J.-C.101, mais les éléments d’écriture du Livre de l’Exode appartiennent à des époques différentes, qui vont de la seconde moitié du IIe millénaire à la période postexilique102.

Il est ainsi vraisemblable que les premiers récits concernant Moïse, en lui conférant une dimension royale et une stature aussi importante que le roi mésopotamien, soient une réplique à la propagande assyrienne et rédigés à la cour du roi Josias, vers la fin du viie siècle av. J.-C.90, proposant peut-être alors une véritable « Vie de Moïse » de type biographique101. Ces récits initiaux – probablement destinés à l’origine à célébrer Josias lui-même103 comme le réalisateur du pacte stipulé par Moïse entre Yahweh et son peuple – s’étoffent sur plusieurs générations104, essentiellement au cours de l’Exil à Babylone, synthétisant les interprétations des prêtres et des anciens fonctionnaires royaux, regroupant en Moïse toutes les institutions disparues d’Israël et de Juda, tant sacerdotales que royales90. Le récit reçoit sa forme finale au cours du ve siècle av. J.-C. intégrant dans ses descriptions des indications géographiques propres à cette époque, rendant dès lors inutilisables les noms de lieux à toute tentative de reconstitution des événements et de leurs acteurs historiques présents derrière ces récits105, ce qui n’implique pour autant pas que le récit ne repose sur aucun élément historique dont le souvenir aurait perduré à travers les siècles106.

La recherche de la fin du xxe et du début du xxie siècle107 considère ainsi généralement que le personnage de Moïse est une figure reconstruite108 dont le personnage lui-même et la réalité de son historicité échappent à l’historien109, restant « sans doute à jamais une énigme historique »110 ses traces étant inaccessibles111, et présentant une figure de héros « primordiale », c’est-à-dire « mythique »112, ainsi qu’il en va de nombreux héros fondateurs de l’Antiquité109 traduisant ce qu’André Paul envisage comme un prototype d’« historiographie militante »113.

Néanmoins les spéculations de toutes sortes restent possibles et certains auteurs ont cru pouvoir identifier Moïse à divers personnages égyptiens ou sémites de la cour égyptienne. Outre ces candidats pour le Moïse historique, plusieurs figures qui ont pu servir de modèle aux rédacteurs bibliques pour construire le personnage de Moïse ont été proposées114.

Ainsi un certain Ben Azèn (ou Ben-Ozen), haut fonctionnaire de la cour de Ramsès II ou Ramsès III qui intervient comme médiateur dans un conflit opposant les contrôleurs égyptiens aux Shasou qui œuvrent comme esclaves dans les mines de Timna115. Ainsi un majordome de Séthi II (1200-1194) nommé Beya qui, « vagabond d’un pays du Nord » devenu chancelier d’Égypte, intrigue avec Taousert, la femme principale du Pharaon après la mort de celui-ci et provoque une guerre civile à la tête d’une armée de « Cananéens ». Néanmoins, des découvertes récentes, qui montrent que ce Beya n’a pas quitté le royaume, invalident cette identification116,117. L’égyptologue Rolf Krauss a également proposé un fils de Séthi II nommé Mesesaya (ou Messouy), vice-roi de la province de Koush qui se serait rebellé contre son père, régnant plusieurs années comme pharaon sous le nom d’Amemnès, avant d’être forcé à fuir118 ; mais les quelques parallélismes avec le récit biblique à l’appui de cette théorie – notamment le fait que l’épouse de Moïse est d’origine koushite – semblent hasardeux et sont invérifiables119Thomas Römer conclut dans L’invention de Dieu que Moïse « doit plutôt être compris comme une « construction » à partir de différentes traces de mémoire120. » Plus hasardeuses encore les théories qui voulaient faire de Moïse un disciple du « monothéisme » d’Akhenaton, voire proposant d’identifier le patriarche à ce pharaon du xive siècle av. J.-C. lui-même tandis que le monothéisme juif apparaît aux alentours du vie siècle av. J.-C.32.

Il n’en demeure pas moins que – comme dans la littérature égyptienne – le souvenir de l’expulsion des Hyksôs d’Égypte au xvie siècle av. J.-C. ou celle des pillards « Asiates » sous le règne de Sethnakht (~1185) peuvent avoir laissé la trace d’une « mémoire d’exode » et que le récit biblique combine une série de souvenirs des événements opposant les populations sémites aux rois égyptiens. La construction du personnage de Moïse doit ainsi peut-être partiellement au souvenir de différents hauts fonctionnaires sémites présents à la cour des pharaons115.

Représentations artistiques[modifier | modifier le code]

 

Extrait de fresque figurant Moïse et le buisson ardentsynagogue de Doura-Europos, milieu du iiie siècle

Un ostracon de la fin du ier siècle découvert lors d’une campagne de fouilles d’une petit centre administratif romain à Umm Balad, au sud du Mons Porphyrites, entre la mer Rouge et le Nil, semble apporter le plus ancien témoignage figuré d’une scène biblique, en l’occurrence — suivant la papyrologue Hélène Cuvigny121 — un portrait naïf de Moïse se référant à un épisode de l’Exode (4, 1-7)b 60 connu sous le titre de « vocation de Moïse » quand Dieu lui apparait sous forme d’un buisson ardent pour lui enjoindre de libérer les hébreux. Sur ce petit tesson trouvé dans le dépotoir des fortifications du site, le patriarche apparaît porteur d’un bâton serpentiforme et agitant une grosse main noire, réunissant dans un seul dessin deux prodiges accomplis par Dieu dans ce passage122.

L’auteur est probablement juif, même si une telle représentation va à l’encontre de l’interdit biblique de la confection d’images : la littérature rabbinique atteste en effet qu’après la chute du Temple de 70, il est de moins en moins respecté, l’art figuratif entrant d’ailleurs largement dans les synagogues à partir du iiie siècle122. La synagogue de Doura-Europos comporte ainsi plusieurs représentations de Moïse dans les épisodes du Buisson ardent, de la sortie d’Égypte, de la réception des Tables de la Loi123.

Istambul revendique posséder plusieurs reliques de Moïse124 : la colonne de Constantin est supposée incrustée d’une pierre issue du rocher sur lequel frappa Moïse pour faire jaillir de l’eau ; la salle des reliques (Has Oda) du palais de Topkapı abrite des Reliques Sacrées, dont le bâton de Moïse125.

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

  • Le recueil Poèmes antiques et modernes d’Alfred de Vigny s’ouvre par un poème fameux, Moïse (le premier de la section inaugurale intitulée Livre mystique), écrit en 1822 ou 1823. Vigny y évoque la mort de Moïse, s’adressant à Dieu pour lui dire à quel point il est fatigué par sa mission, lui répétant ce vers devenu célèbre : « Laissez-moi m’endormir du sommeil de la terre. » Il s’agit d’un des poèmes préférés de l’auteur, qui écrit dans une lettre à Camilla Maunoir du 26 décembre 1838 : « Aucun [de mes poèmes] n’a encore dit toute mon âme, mais s’il y en a un que je préfère aux autres, c’est Moïse. Je l’ai toujours placé le premier, peut-être à cause de sa tristesse, dont le sentiment se continue dans Stello. »126

  • Thomas Mann a consacré une nouvelle à Moïse, La Loi, dans laquelle il donne une description pleine d’ironie du célèbre prophète.

  • Gerald Messadié a écrit une suite de deux tomes nommée Moïse, publiée en 1998, dans laquelle il retrace de manière historique la vie de Moïse, nommé Phtamose dans le livre.

En peinture[modifier | modifier le code]

 

Moïse par José de Ribera (1638)

En sculpture[modifier | modifier le code]

 

Moïse par Michel-Ange

La plus connue est la sculpture de Michel-Ange (vers 1515) faisant partie du monument funéraire du pape Jules II, dans la basilique Saint-Pierre-aux-Liens de Rome. Cette œuvre a fait l’objet d’une analyse par Sigmund Freud. La statue représente Moïse portant des cornes, tout comme celle de la fontaine de Moïse (1585), également à Rome. Ces œuvres ont été commandées par différents papes et respectent le choix éditorial de la Vulgate, traduction officielle de l’Église catholique jusqu’au XXe siècle, à propos du passage « sa peau [de Moïse] était QRN » lors de l’épisode du Veau d’or (Ex. 34:29, 35). La Vulgate traduit par « sa peau était cornue ». À l’inverse, ce sont des rayons qui apparaissent sur le tableau de Ribera (1638) et dans de nombreuses autres œuvres commandées par l’Église catholique.

Seul Aquila de Sinope a fait le même choix que la Vulgate127. Toutes les autres traductions, aussi bien juives que chrétiennes, rendent la forme verbale קָרַן, « QRN », par « rayonnante, resplendissante », la Septante par « chargée de gloire »128. La mention de la « peau rayonnante » est reprise dans l’épisode néotestamentaire de la Transfiguration.

Dans cette hypothèse, les cornes peuvent donc provenir d’une mauvaise interprétation de la Vulgate à propos d’une aura ou de rayons129. L’exégèse récente estime que cette traduction n’est pas solidement fondée130 tandis que la traduction littérale de la racine « QRN » par « corne » est bien attestés, souvent associée au pouvoir divin ou royal131. Ainsi, Thomas Römer 132 estime que la traduction de la Vulgate est la bonne, les cornes symbolisant selon lui la force d’un dieu ou d’un roi qui le représente, et que les cornes de Moïse expriment son statut particulier de médiateur, sa proximité inégalée avec Dieu133.

La traduction « sa peau était cornue » au lieu de « sa peau rayonnait » semble provenir d’une confusion entre les mots hébreux karan, « rayonner », et keren, « corne ». Or, comme le souligne Charles Szlakmann, « les versets emploient à trois reprises le même verbe, « rayonner », et non un substantif qui pourrait être traduit par le mot « cornes ». Lorsque la Bible veut parler de cornes, comme en Lévitique 4:7 par exemple, « les cornes de l’autel », elle emploie le mot karnoth134 ». Dans la Bible hébraïque, « les cornes ne sont jamais des attributs divins, mais sont toujours associées à l’animalité. Quant à Moïse, il reste un homme, la Bible insiste sans cesse sur « l’homme Moïse », ha-ich Mocheh. Il n’y a aucun exemple de personnages mi-homme mi-bête, du type satyre, centaure ou sphinx. La tradition hébraïque a précisément en horreur tout ce qui peut rappeler l’animalité en l’homme134 ».

En vitrail[modifier | modifier le code]

  • Sergio de Castro, fenêtre de Moïse: le Buisson Ardent, dans l’ensemble des vitraux Les Prophètes à la Collégiale de Romont, Suisse, 1980135.

 

Le Buisson Ardent par Sergio de Castro, collégiale de Romont (Suisse), 1980. Maître verrier: Michel Eltschinger.

Au théâtre[modifier | modifier le code]

Opéra[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

Histoire de Moïse. Reg. Jean Claude Bragard. Cinehollywood, 2006. DVD137

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références

  1.  Le Pentateuque en questionp. 12-14
  2.  (en) George Robinson, Essential Torah: A Complete Guide to the Five Books of Moses, Schocken Books, p. 348
  3.  Cf. Jan Assmann, Moses the Egyptian. The Memory of Egypt in Western Monotheism, Harvard University Press, 1977. Voir Recension en ligne, 1998 [archive] par Jacques Le Brun, EPHE.
  4.  . Le nom de Moïse, ou Moshé, est mal expliqué dans le texte massorétique, le rédacteur biblique proposant « Car je l’ai tiré des eaux. » Or, Moshé, participe actif de masha (littéralement « tiré de »), signifie au mieux « celui qui tire, tirant » (la syntaxe correcte aurait dû être מָשׁוּי, « mashuy »), ce qui suggère la difficulté du rédacteur biblique à trouver une racine hébraïque satisfaisante à ce récit étiologique et confirme l’origine égyptienne du nom. Source : Thomas RömerLa naissance de Moïse. Moïse chez les Madianites [archive], Chaire des Milieux bibliques du Collège de France, 13 mars 2014, 19 min 30 s.
  5. ↑ a et b Thomas Römer« Moïse : un héros royal entre échec et divinisation », dans Philippe Borgeaud, Thomas Römer et Youri Volokhine (éds.), Interprétations de Moïse : Égypte, Judée, Grèce et Rome, Leiden-Boston, Brill (ISBN 978-9004-1795-30)p. 189
  6.  Fils de Thot, fils de .
  7.  Christiane Desroches NoblecourtRamsès II : La véritable histoire, Paris, Pygmalion, (ISBN 9782857044819)p. 250
  8.  (en) Geoffrey W. BromileyThe International Standard Bible Encyclopedia. Volume 4, Wm. B. Eerdmans Publishing, p. 417
  9.  Thomas RömerLa naissance de Moïse. Moïse chez les Madianites [archive], Chaire des Milieux bibliques du Collège de France, 13 mars 2014, 19 min 15 s à 21 min 30 s.
  10.  (en) Thomas B. Dozeman, Commentary on Exodus, Eerdmans, p. 81-82
  11.  Philon, De vita Mosis, I, 17 ; cf Clément, Stromates, I, 23, 152
  12.  Flavius Josèphe, Antiquités juives 2, 228 ; Clément d’Alexandrie, Stromates 1, 268)
  13.  Marguerite HarlLa Bible d’Alexandrie. L’Exode, Éditions du Cerf, p. 83
  14.  Daniel Faivre, Mythes de la Genèse, genèse des mythes, Éditions L’Harmattan, p. 185.
  15.  Corbeille d’osier (les traducteurs préfèrent le terme de papyrus) qu’elle enduit de bitume et abandonne au fil du fleuve. enduite de bitume et de poix, ce panier correspond au terme hébreu de תֵּבָה (« tebah » provenant peut-être de l’égyptien tebat) dont le sens est plus généralement caisse en roseaux et dont l’unique autre occurrence biblique est le mot désignant l’arche de Noédans le livre de la Genèse (tebah étant traduit par le latin arca, « boîte, coffre » dans la Vulgate de saint Jérôme). Ce parallèle rattache l’histoire de la délivrance divine de Moïse à celle de Noé. Source : (en) John L. Mckenzie, The Dictionary of the Bible, Simon and Schuster, p. 53-54(en) James K. Bruckner, Exodus, Hendrickson Publishers, p. 27.
  16.  Diana Vikander Edelman, Philip R. Davies, Christophe Nihan, Thomas C. Römer, Clés pour le Pentateuque. État de la recherche et thèmes fondamentaux, Labor et Fides, p. 34
  17.  Exode 3,2
  18. ↑ a et b Talmud de Babylone Sotah 12b
  19.  Cette capacité de la princesse est étonnante : le midrash Exxode Rabba explique qu’elle l’a vu circoncis mais les Égyptiens pratiquent partiellement la circoncision et chez les Juifs, la circoncision est un rite de puberté, n’étant pratiqué le huitième jour que tardivement, lors de la rédaction du document sacerdotal de la Torah. Source : Thomas RömerLa naissance de Moïse. Moïse chez les Madianites [archive], Chaire des Milieux bibliques du Collège de France, 13 mars 2014, 13 min 30 s.
  20.  Thomas RömerMoïse lui que Yahvé a connu face à face, Gallimard, p. 17
  21.  Il s’agit probablement d’un contremaître égyptien qui bat ou fouette un hébreu dans le cadre de corvées.
  22.  Il y y a une ambiguïté sur le terme hébreu כרת qui peut aussi bien signifier « frapper » qu’« abattre », suggérant que la mort n’est pas forcément intentionnelle. Cf Exode 2:12 [archive] dans la Bible du Rabbinat et Thomas RömerLa naissance de Moïse. Moïse chez les Madianites [archive], Chaire des Milieux bibliques du Collège de France, 13 mars 2014, 52 min 30 s.
  23.  Nombres 14.
  24.  Le bâton de Moïse. [archive]
  25.  Nombres 20, 10 [archive]
  26.  « Sefarim.fr : la Bible en hébreu, en français et en anglais dans la traduction du Rabbinat avec le commentaire de Rachi » [archive], sur www.sefarim.fr (consulté le 6 décembre 2018)
  27.  cité par Sylvie Anne Goldberg, La Clepsydre, Albin Michel, 2000, p. 343
  28. ↑ a et b (en) Cornelius Houtman« Moses », dans Karel van der Toom, Bob Becking et Pieter W. van der Horst (éds.), Dictionary of Deities and Demon in the BibleBrill(ISBN 90-04-11119-0)p. 593
  29.  Claude Tassin, « Quelles figures le Nouveau Testament a-t-il retenu ? », Le Monde de la Bible, Bayard, no 192 « A l’origine d’Israël, Abraham ou Moïse ? »,‎ p. 41 (ISSN 0154-9049)
  30. ↑ a b et c Thomas Römer« Moïse, médiateur par excellence », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l’Égypte, Paris, Bayard (ISBN 978-2-227-47767-4)p. 113
  31.  Thomas Römer« Moïse, médiateur par excellence », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l’Égypte, Paris, Bayard (ISBN 978-2-227-47767-4)p. 116
  32. ↑ a b et c Thomas Römer« Moïse, médiateur par excellence », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l’Égypte, Paris, Bayard (ISBN 978-2-227-47767-4)p. 122
  33. ↑ a et b (en) Marti J. Steussy, David. Biblical Portraits of Power, University of South Carolina Press, p. 199
  34.  Sauf indication contraire, les références bibliques de cette section sont présentées par (en)Cornelius Houtman« Moses », dans Karel van der Toom, Bob Becking et Pieter W. van der Horst (éds.), Dictionary of Deities and Demon in the BibleBrill (ISBN 90-04-11119-0)p. 593-594
  35. ↑ a b c d et e (en) Cornelius Houtman« Moses », dans Karel van der Toom, Bob Becking et Pieter W. van der Horst (éds.), Dictionary of Deities and Demon in the BibleBrill(ISBN 90-04-11119-0)p. 594
  36. ↑ a et b Claude Tassin, « Quelles figures le Nouveau Testament a-t-il retenu ? », Le Monde de la Bible, Bayard, no 192 « À l’origine d’Israël, Abraham ou Moïse ? »,‎ p. 40 (ISSN 0154-9049)
  37. ↑ a b et c Claude Tassin, « Quelles figures le Nouveau Testament a-t-il retenu ? », Le Monde de la Bible, Bayard, no 192 « À l’origine d’Israël, Abraham ou Moïse ? »,‎ p. 41 (ISSN 0154-9049)
  38.  voir par exemple Ex 4. 19-20 [archive] et Mt 2. 20-21 [archive] cité par Claude Tassin, op. cit. 2010, p. 41
  39.  avec un jeu d’intertextualité entre la montagne de la Transfiguration et le mont Horeb
  40.  l’épisode se retrouve dans les trois synoptiques ; voir par exemple Lc 9. 2 [archive], cité par Claude Tassin, op. cit. 2010, p. 41
  41.  Thomas RömerMoïse : « lui que Yahvé a connu face à face », Paris, Gallimard, (ISBN 2-07-076480-X)p. 74
  42.  Thomas RömerMoïse : « lui que Yahvé a connu face à face », Paris, Gallimard, (ISBN 2-07-076480-X)p. 75
  43.  Thomas RömerMoïse : « lui que Yahvé a connu face à face », Paris, Gallimard, (ISBN 2-07-076480-X)p. 76
  44.  André PaulAutrement, la Bible : Mythe, politique et sociétéBayard(ISBN 978-2-227-48356-9)p. 79
  45.  André PaulAutrement, la Bible : Mythe, politique et sociétéBayard(ISBN 978-2-227-48356-9)p. 75
  46.  André PaulAutrement, la Bible : Mythe, politique et sociétéBayard(ISBN 978-2-227-48356-9)p. 87
  47.  André PaulAutrement, la Bible : Mythe, politique et sociétéBayard(ISBN 978-2-227-48356-9)p. 92
  48.  André PaulAutrement, la Bible : Mythe, politique et sociétéBayard(ISBN 978-2-227-48356-9)p. 83-84
  49.  André PaulAutrement, la Bible : Mythe, politique et sociétéBayard(ISBN 978-2-227-48356-9)p. 88
  50. ↑ a et b André Paul, « Dans les livres apocryphes juifs », Le Monde de la Bible, Bayard, no 192 « A l’origine d’Israël, Abraham ou Moïse ? »,‎ p. 38 (ISSN 0154-9049)
  51.  André PaulAutrement, la Bible : Mythe, politique et sociétéBayard(ISBN 978-2-227-48356-9)p. 108
  52.  Contre Apion
  53. ↑ a et b Thomas Römer, « Traking some “Censored” Moses Traditions Inside and Outside the Hebrew Bible », HeBAI, Mohr Siebeck, no 1,‎ p. 69-70
  54.  Certains chercheurs y voient une dénomination polémique d’Akhnaton ; cf. Römer, HeBAI 2012, op. cit., p. 70, note 25
  55.  Il n’est pas sur que Manethon lui-même souscrive à cette identification ; cf. Römer, HeBAI 2012, op. cit., p. 70, note 26
  56.  4:5-6  [archive]
  57.  André PaulAutrement, la Bible : Mythe, politique et sociétéBayard(ISBN 978-2-227-48356-9)p. 114
  58.  Simon Claude MimouniLe judaïsme ancien du ive siècle avant notre ère au iiie siècle de notre ère : Des prêtres aux rabbins, Paris, Presses universitaires de Francecoll. « Nouvelle Clio / L’histoire et ses problèmes »,  (ISBN 978-2-13-056396-9)p. 79
  59.  André PaulAutrement, la Bible : Mythe, politique et sociétéBayard(ISBN 978-2-227-48356-9)p. 120
  60.  Sabrina Inowlocki-Meister« Le Moïse des auteurs juifs hellénistiques et sa réappropriation dans la littérature apologétique chrétienne : le cas de Clément d’Alexandrie », dans Philippe Borgeaud, Thomas Römer et Youri Volokhine (éds.), Interprétations de Moïse : Égypte, Judée, Grèce et Romevol. 10, Leiden, Brillcoll. « Jerusalem Studies in Religion and Culture », (ISBN 978-90-04-17953-0)p. 106
  61. ↑ a et b André PaulAutrement, la Bible : Mythe, politique et sociétéBayard(ISBN 978-2-227-48356-9)p. 122
  62.  André PaulAutrement, la Bible : Mythe, politique et sociétéBayard(ISBN 978-2-227-48356-9)p. 121
  63.  Sabrina Inowlocki-Meister« Le Moïse des auteurs juifs hellénistiques et sa réappropriation dans la littérature apologétique chrétienne : le cas de Clément d’Alexandrie », dans Philippe Borgeaud, Thomas Römer et Youri Volokhine (éds.), Interprétations de Moïse : Égypte, Judée, Grèce et Romevol. 10, Leiden, Brillcoll. « Jerusalem Studies in Religion and Culture », (ISBN 978-90-04-17953-0)p. 110-111
  64.  René Bloch« Moïse chez Flavius Josèphe : un exemple juif de littérature héroïque », dans Philippe Borgeaud, Thomas Römer et Youri Volokhine (éds.), Interprétations de Moïse : Égypte, Judée, Grèce et Romevol. 10, Leiden, Brillcoll. « Jerusalem Studies in Religion and Culture »,  (ISBN 978-90-04-17953-0)p. 85,100
  65. ↑ a b c et d Pierre Lory« Moïse », dans Mohammad Ali Amir-Moezzi (dir.), Dictionnaire du Coran, Paris, Robert Laffont (ISBN 978-2-221-09956-8)p. 563
  66. ↑ a b c d e f et g Pierre Lory« Moïse », dans Mohammad Ali Amir-Moezzi (dir.), Dictionnaire du Coran, Paris, Robert Laffont (ISBN 978-2-221-09956-8)p. 562
  67. ↑ a b c d et e Pierre Lory« Moïse », dans Mohammad Ali Amir-Moezzi (dir.), Dictionnaire du Coran, Paris, Robert Laffont (ISBN 978-2-221-09956-8)p. 558
  68.  Pierre Lory« Moïse », dans Mohammad Ali Amir-Moezzi (dir.), Dictionnaire du Coran, Paris, Robert Laffont (ISBN 978-2-221-09956-8)p. 560
  69.  Pierre Lory« Moïse », dans Mohammad Ali Amir-Moezzi (dir.), Dictionnaire du Coran, Paris, Robert Laffont (ISBN 978-2-221-09956-8)p. 559
  70.  Interview de Michel Cuypers dans oasiscenter.eu [archive]
  71.  Genevieve Gobillot,Le Coran, guide de lecture de la Bible et des textes apocryphes, en ligne [archive]
  72.  Jacqueline Chabbi, « La construction de la figure prophétique », Le Monde des religionsno 43 « Mahomet cet inconnu »,‎ p. 34-36 (ISSN 1763-3346)
  73. ↑ a b et c Thomas RömerMoïse : « lui que Yahvé a connu face à face », Paris, Gallimard, (ISBN 2-07-076480-X)p. 38
  74. ↑ a b et c Thomas RömerMoïse : « lui que Yahvé a connu face à face », Paris, Gallimard, (ISBN 2-07-076480-X)p. 39
  75. ↑ a et b Thomas Römer« Moïse, médiateur par excellence », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l’Égypte, Paris, Bayard (ISBN 978-2-227-47767-4)p. 114
  76.  Le français suit la traduction en grec de la Septante – « Ego eimi ho On » – reprise par la Bible latine – « Ego sum qui sum ». Mais le verbe, utilisé à l’inaccompli-présent, provient de la racine verbale hayah (« être ») et on fait classiquement dériver yahweh de eheyeh ; voir notamment Gaëll Guibert, De l’existant à la racine “Être” : recherche d’archétypes de la signification, éd. Publibook, 2011, p. 232-235. Cela dit, l’étymologie elle-même est débattue, la racine de yahwh pouvant provenir de y-h-w qui signifie « souffler », cf. Thomas Römer, Dieu obscur : Cruauté, sexe et violence dans l’Ancien Testament, éd. Labor et Fides, 2009, p. 28-29
  77. ↑ a b c et d Thomas Römer« Moïse, médiateur par excellence », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l’Égypte, Paris, Bayard (ISBN 978-2-227-47767-4)p. 782701014029)p. 200
  78. ↑ a b et c Thomas RömerMoïse : « lui que Yahvé a connu face à face », Paris, Gallimard, (ISBN 2-07-076480-X)p. 46
  79. ↑ a b et c Mario LiveraniLa Bible et l’invention de l’histoireBayard(ISBN 978-2-2274-7478-9)p. 472
  80.  Thomas Römer« Moïse, médiateur par excellence », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l’Égypte, Paris, Bayard (ISBN 978-2-227-47767-4)p. 115
  81.  Thomas Römer« Moïse : un héros royal entre échec et divinisation », dans Philippe Borgeaud, Thomas Römer et Youri Volokhine (éds.), Interprétations de Moïse : Égypte, Judée, Grèce et Rome, Leiden-Boston, Brill (ISBN 978-9004-1795-30)p. 198
  82. ↑ a et b Thomas RömerMoïse : « lui que Yahvé a connu face à face », Paris, Gallimard, (ISBN 2-07-076480-X)p. 47
  83.  Mario LiveraniLa Bible et l’invention de l’histoireBayard (ISBN 978-2-2274-7478-9)p. 470
  84.  Thomas Römer« Moïse : un héros royal entre échec et divinisation », dans Philippe Borgeaud, Thomas Römer et Youri Volokhine (éds.), Interprétations de Moïse : Égypte, Judée, Grèce et Rome, Laiden-Boston, Brill (ISBN 978-9004-1795-30)p. 190
  85.  I, 108-121, cité par M. Liverani, op. cit. 2008, p. 472
  86.  Thomas Römer« Moïse, médiateur par excellence », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l’Égypte, Paris, Bayard (ISBN 978-2-227-47767-4)p. 119
  87. ↑ a b c et d Thomas Römer« Moïse, médiateur par excellence », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l’Égypte, Paris, Bayard (ISBN 978-2-227-47767-4)p. 118
  88. ↑ a b c et d Thomas RömerMoïse : « lui que Yahvé a connu face à face », Paris, Gallimard, (ISBN 2-07-076480-X)p. 50
  89.  Thomas Römer« Moïse : un héros royal entre échec et divinisation », dans Philippe Borgeaud, Thomas Römer et Youri Volokhine (éds.), Interprétations de Moïse : Égypte, Judée, Grèce et Rome, Leiden-Boston, Brill (ISBN 978-9004-1795-30)p. 197
  90. ↑ a et b Thomas Römer« Moïse : un héros royal entre échec et divinisation », dans Philippe Borgeaud, Thomas Römer et Youri Volokhine (éds.), Interprétations de Moïse : Égypte, Judée, Grèce et Rome, Leiden-Boston, Brill (ISBN 978-9004-1795-30)p. 192
  91. ↑ a et b Jacques Briend« Moïse, portrait d’un législateur », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l’Égypte, Paris, Bayard (ISBN 978-2-227-47767-4)p. 126
  92. ↑ a b et c Thomas RömerMoïse : « lui que Yahvé a connu face à face », Paris, Gallimard, (ISBN 2-07-076480-X)p. 51
  93.  Thomas Römer« Moïse, médiateur par excellence », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l’Égypte, Paris, Bayard (ISBN 978-2-227-47767-4)p. 112
  94.  (en) Jan AssmannMoses the Egyptian : The Memory of Egypt in Western Monotheism, Harvard University Press,  (ISBN 0-674-58739-1)p. 2
  95.  (es) Félix García López, « El Moisés histórico y el Moisés de la fe »Salmanticensisvol. 36, no 1,‎ p. 5-21
  96.  voir (de) Erhard Blum« Der historische Mose und die Frühgeschichte Israels »Hebrew Bible and Ancient Israel, Mohr Siebeck, no 1 « Moses »,‎ p. 37–63 (ISSN 2192-2276)
  97.  André PaulAutrement, la Bible : Mythe, politique et sociétéBayard(ISBN 978-2-227-48356-9)p. 104
  98. ↑ a et b Christophe Nihan et Thomas Römer« Le débat actuel sur le Pentateuque », dans Introduction à l’Ancien TestamentLabor et Fides (ISBN 978-2-8309-1368-2)p. 163
  99.  Mario Liverani, La Bible et l’invention de l’histoire, Folio/Histoire, 2008(ISBN 978-2-07-039671-9), p. 100 sq.
  100.  Israël Finkelstein et Neil Asher SilbermanLes rois sacrés de la BibleGallimardcoll. « Folio Histoire »,  (ISBN 978-2070345533)p. 313
  101.  Mario LiveraniLa Bible et l’invention de l’histoireBayard (ISBN 978-2-2274-7478-9)p. 245
  102.  Thomas Römer« Ramsès II, le pharaon de l’Exode ? », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l’Égypte, Paris, Bayard (ISBN 978-2-227-47767-4)p. 110
  103.  Jean-Daniel Macchi« Exode », dans Thomas Römer, Jean-Daniel Macchi et Christophe Nihan (éds.), Introduction à l’Ancien TestamentLabor et Fides (1re éd. 2004) (ISBN 978-2-8309-1368-2)p. 260
  104.  Même la recherche traditionnelle qui prétend souvent désormais prendre en compte la critique historique mais qui, si elle s’accorde à nier l’authenticité des Patriarches ou pour assumer que les récits sur Moïse sont tardifs, peine à détacher le personnage d’une lecture qui fixe, suivant le fil du récit biblique, un âge des Patriarches au début de l’histoire d’Israël plutôt que d’en faire l’analyse à l’époque de sa rédaction ; cf. Mario LiveraniLa Bible et l’invention de l’histoireBayard(ISBN 978-2-2274-7478-9)p. 504
  105.  (de) Erhard Blum« Der historische Mose und die Frühgeschichte Israels »Hebrew Bible and Ancient Israel, Mohr Siebeck, no 1 « Moses »,‎ p. 37 (ISSN 2192-2276)
  106. ↑ a et b Thomas Römer« Moïse, médiateur par excellence », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l’Égypte, Paris, Bayard (ISBN 978-2-227-47767-4)p. 120
  107.  Jean-Marie Husser« L’approche historique des documents fondateurs : La Bible », dans Religions et modernité : Actes de l’université d’automne de Guebwiller, 27-30 octobre 2003, direction de l’Enseignement scolaire en collaboration avec le CRDP de Versailles, coll. « Les Actes de la DESCO », p. 45
  108.  Philippe Abadie, « Moïse, héros d’un peuple sans terre », Le Monde de la Bible, Bayard, no 192 « A l’origine d’Israël, Abraham ou Moïse ? »,‎ p. 34 (ISSN 0154-9049)
  109.  André PaulAutrement, la Bible : Mythe, politique et sociétéBayard(ISBN 978-2-227-48356-9)p. 125
  110.  André PaulAutrement, la Bible : Mythe, politique et sociétéBayard(ISBN 978-2-227-48356-9)p. 105
  111.  Thomas RömerLa construction de la figure de Moïse, Gabalda, p. 188
  112. ↑ a et b Thomas Römer« Ramsès II, le pharaon de l’Exode ? », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l’Égypte, Paris, Bayard (ISBN 978-2-227-47767-4)p. 111
  113.  La naissance de Moïse. Moïse chez les Madianites [archive]Thomas Römer, Chaire des Milieux bibliques du Collège de France, 13 mars 2014, 32 min.
  114.  http://fr.scribd.com/doc/260962784/Grandet-p-2000-l-Execution-Du-Chancelier-Bay-o-Ifao-1864#scribd [archive] Ostracon IFAO 1864
  115.  Krauss 2000
  116.  Thomas Römer« Moïse, médiateur par excellence », dans Collectif, Ce que la Bible doit à l’Égypte, Paris, Bayard (ISBN 978-2-227-47767-4)p. 121
  117.  Thomas Römer, L’invention de Dieu, Éditions du Seuil,  (ISBN 978-2-02-108815-1), page 74
  118.  « Note d’information de Mme Hélène Cuvigny, directeur de recherche au CNRS, sous le patronage de M. Christian Robin, et de M. Nicolas Grimal, membres de l’Académie : Le plus ancien témoin figuré d’une scène biblique, dessiné par un juif vers 100 ap. J.-C. » [archive], sur Académie des inscriptions et belles-lettres (consulté le 12 octobre 2014)
  119. ↑ a et b Estelle Villeneuve, « Le plus vieux portrait du Moïse », Le Monde de la Bible, no 209,‎ p. 78-79
  120.  voir à ce sujet notamment Pierre Prigent« La synagogue de Doura-Europos », dans Le Judaïsme et l’image, Mohr Siebeck, coll. « Texte und Studien zum antiken Judentum », chap. 24, p. 174-263
  121.  (en) Nagel Travel Guide. Turkey, McGraw-Hill, p. 91
  122.  Photo du bâton [archive]
  123.  Alfred de Vigny, Poèmes antiques et modernes. Les Destinées, Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 1973, Notes, p. 274.
  124.  « The horns of Moses » [archive]Jewish Encyclopedia.
  125.  Cf Ex 34,29 dans la Bible SegondExode 34:29 [archive] dans la Septante, Exode 34:29 [archive] dans la Bible du Rabbinat.
  126.  Thomas Römer, Les cornes de Moïse, in Évangile et Liberté, no 190, juillet 2005, article en ligne [archive]
  127.  (en) G. Johannes Botterweck, Helmer Ringgren et Heinz-Josef FabryTheological Dictionary of the Old Testament, Wm. B. Eerdmans Publishing,  (ISBN 9780802823373lire en ligne [archive])p. 1748
  128.  David Toshio Tsumura, « Janus Parallelisme in Hab. III 4 », dans Jan Joosten (dir.), Vetus Testamentum: A quarterly published by the International Organization for the Study of the Old Testament, Leiden/Boston, Brill,  (9789004258020)p. 114
  129.  cf. leçon inaugurale de Thomas Römer au Collège de France (prononcée le 5 février 2009, visible en vidéo sur le site du Collège de France [archive] et publiée chez Fayard sous le titre Les Cornes de Moïse : Faire entrer la Bible dans l’histoire).
  130.  Thomas RömerLes cornes de Moïse. Faire entrer la Bible dans l’histoire, Collège de France,  (ISBN 9782722600881lire en ligne [archive])p. 7
  131. ↑ a et b Moïse par Charles Szlakmann, Moïse, éditions Gallimard, 2009, p. 189-190.
  132.  (fr + es) Jacques Thuillier, Les Prophètes, Madrid, Editions El Viso, , 71 p.(ISBN 84-86022-09-6)
  133.  theatredelaville [archive]
  134.  « Histoire de Moïse » [archive], sur Holyart.fr (consulté le 24 juin 2015)
  1.